Nicolas Sarkozy est adepte de la politique répressive. Je n’ai rien contre mais encore faut-il, me semble-t-il, travailler en amont sur la prévention de la délinquance. Sur cet aspect, j’ai bien cru comprendre que ce n’était pas un souhait du nouveau président. C’est une démarche un peu étrange de sa part. Opérons un parallèle avec la santé publique : nous savons tous qu’une politique de santé publique efficace est une politique qui permet l’accès au soins mais qui prévoit également de la prévention : dépistage du cancer du sein, politiques anti-tabac, lutte contre l’obésité etc. Pourquoi avoir un raisonnement différent en matière de délinquance ?
Quoi qu’il en soit, il existe en réalité une difficulté plus grave : l’état des prisons françaises et leur surpopulation. 188 prisons en France avec une capacité d’accueil de 55000 détenus pour 60698 détenus au premier mai, un des chiffres les plus élevés de l’histoire judiciaire française. Nous sommes sur ce point très surveillés, notamment par le Conseil de l’Europe, et il est difficile d’augmenter rapidement la capacité d’accueil des prisons. Je ne parle même pas ici du coût … tout cet argent qui ne va pas bénéficier à la recherche ou à l’éducation par exemple … dommage, dommage.
Nicolas Sarkozy dispose-t-il en la matière d’une véritable marge de manoeuvre ? J’en doute.
Pour mémoire, ci-après, quelques chiffres se rapportant aux prisons française.
- 188 prisons en France pour une capacité d’accueil de 55000 détenus.
- 60698 détenus au 1er mai 2007.
- 29% des détenus ne sont pas définitivement condamnés. 17.850 personnes en attente de jugement pour 42.848 personnes condamnées.
- 712 mineurs incarcérés au 1er mai au lieu de 746 le 1er avril 2007 (soit 1,2% de la population pénale).
- 843 personnes bénéficient d’une mesure de placement à l’extérieur
- 1.695 personnes bénéficient d’un régime de semi-liberté (prison la nuit et liberté le jour).
- 2.225 personnes font l’objet d’un placement sous bracelet électronique.
- Surpopulation des 188 prisons : l’administration pénitentiaire ne publie plus depuis juin 2006 les taux d’occupation. Sur certains établissement, un taux d’occupation de 250 % est enregistré.
- L’hygiène, les activités et les formations proposées aux détenus sont souvent insuffisantes, voire inexistantes.
- Le nombre de suicides est supérieur à 100 chaque année.