C’est désormais officiel, nous avons un nouveau gouvernement :
- Alain Juppé, ministre d’Etat, ministre de l’écologie, du développement et de l’aménagement durable ;
- Jean-Louis Borloo, ministre de l’économie, des finances et de l’emploi ;
- Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités locales ;
- Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes ; Brice Hortefeux, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement ;
- Rachida Dati, ministre de la justice ;
- Xavier Bertrand, ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité ;
- Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale ;
- Valérie Pecresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche ;
- Hervé Morin, ministre de la défense ;
- Roselyne Bachelot, ministre de la santé, de la jeunesse et des sports ;
- Christine Boutin, ministre du logement et de la ville ;
- Christine Lagarde, ministre de l’agriculture et de la pêche ;
- Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, porte-parole du gouvernement ;
- Eric Woerth, ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique.
C’est une composition qui appelle des remarques quelque peu contradictoires. Tout d’abord, contrairement à la rupture annoncée, l’équipe, tout au moins sur les postes clefs, est la même : nombreux en effet sont ceux qui ont participé à de précédentes aventures ministérielles. Certes, l’entraîneur a changé. Cela suffira-t-il à modifier le jeu ?
Pourtant, en y regardant de plus près, la démarche est originale :
- plus de femmes – est-ce un conseil d’Alain Juppé, lui-même resté dans les annales avec ses “jupettes” ? -;
- plus de jeunes (Rachida Dati, Valérie Pécresse …) ;
- des personnes qui ne sont pas a priori des sarkozystes :
- Christine Albanel (proche de J. Chirac)
- Alain Juppé (ancien meilleur ennemi de Nicolas Sarkozy)
- Bernard Kouchner (PS) ;
- Hervé Morin (centre) ;
- Michèle Alliot-Marie (plusieurs mois rivale de Nicolas Sarkozy dans la course à l’investiture) ;
- Jean-Louis Borloo (qui a attendu la dernière ligne droite pour dire s’il se ralliait à Nicolas Sarkoz)…
Pour le reste, il faut bien admettre qu’il est encore difficile de discerner le redécoupage de l’administration annoncé par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne. Un point mérite cependant de retenir l’attention : Brice Hortefeux est nommé ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement. Les observateurs vont s’attarder à juste titre sur cette notion d’identité nationale mais vont du même coup en oublier la référence au “codéveloppement”, thème pourtant essentiel à l’heure de gérer les problèmes d’immigration : rares sont ceux qui quittent leur pays dans un frêle esquif et au péril de leur vie s’ils y mangent à leur faim et y vivent décemment. Armés de notre lorgnette, nous serons attentifs à ce que ce gouvernement fait en matière de codéveloppement.
Au fait, une suggestion à Monsieur Hortefeux : au nom de l’idée d’identité nationale et de sa préservation, refusons le retour de tous ceux qui l’ont bafouée en partant à l’étranger pour échapper à l’imposition. Yerk yerk.